| ABéCéDéclic du 05 février au 30 juillet 2007 ~ 6h30, un lundi par semaine |
| Plus de textes… |
En plus
des 2 écriveuses, certains participants ont senti le besoin vital
d'écrire. La règle du jeu est toujours la même:
écrire un texte reprenant les mots illustrés par les photos.
Voici leurs textes… |
| P/ Darry "Pétasse" (porc, porte, parasol, primaire, patate, priorité, pieds, portrait, piscine, pont) |
Assise au bord de la
piscine, les pieds dans l'eau et la tête sous le parasol, elle
attendait que son mari, un "porc primaire fringué comme
une patate" (c'est le joli portrait qu'elle faisait de lui), lui
porte enfin son cocktail. Lui, en fait il draguait la serveuse au bar,
une rouquine du genre pas facile à couler vu la paire de bouées.
Il revint enfin. — Ha quand même! J'ai failli attendre, que faisais-tu donc? — Rien, je me suis paumé, il est trop grand cet hôtel, y'a au moins 3 piscines. — Hé bé tu pourrais peut-être leur proposer un pont, c'est ton métier après-tout! — Figures-toi que pour l'instant, j'ai d'autres priorités, d'ailleurs j'y retourne! |
N+O/
Robin - "Nomade du sentir" (non, narcoleptique, nuage, nounours, nombril, nitrates, nomade, nylon, nippone - or blanc, oranger, ordonné, oeil, ordinateur, orange, odeur, ordre, os) |
Son œil ne distinguait
rien de plus que les odeurs. C'était un des rares nomades à
posséder cette faculté. Elle lui avait été
enseignée par un nain d'jardin plutôt narcoleptique. Donc,
ce matin là, il exerçait son œil: il reconnaissait
maintenant aisément l'odeur d'un ordinateur ou encore celle d'un
nounours. Mais ce matin, il était tombé sur un os. Cette
odeur était-elle celle d'une orange nippone ou bien celle d'un
oranger en nylon? Non, décidément aujourd'hui il n'obéirait
pas aux ordres du narcoleptique. Lui qui d'habitude était si
ordonné. Il s'assit donc et pensa aux senteurs de demain, en
humant le nombril du nitrate qui se reflétait dans les nuages
d'or blanc. |
| M/ Salomé -
"Matou" (matin, matou, médicament, monstre, minuscule, malard, meringue, miscellannées, Marie, music) |
Chaque matin, ma voisine
Marie donnait des meringues et des médicaments à son cher
matou. Il y a des années (avant son chat) elle avait juré
que personne ne pourrait la séparer de son malard. Il y a 6 semaines,
elle avait juré la même chose avec son chat. Elle parlait
même music avec lui. Le soir au lieu de lire ses miscellannées,
elle écoutait jusqu'à ce que son chat pousse de minuscules
miaulements. Là elle se levait et disait à son matou:
"Tu as peur des monstres, mon choux?" Bref, c'était
le chat de la mémère… |
L/
Salomé - "L'autre bout du monde" (levé, là-bas, laconique, langues, livre, loisirs, libérateur, ligne, limite, live) |
«Là-bas,
c’était nul, y’avait rien, et puis les gens parlaient
même pas notre langue. Par contre, le lever du soleil, qu’est-ce
qu’il était beau!» Je relance ma ligne et je continue à parler de l’autre bout du monde à mon cousin. L’autre bout du monde pour moi, c’est la France. Nous on est d'Inde et je m’appelle Jazzvinder. Mon cousin, qui lit toujours tout plein de livres, me demande si je sais qu’il y avait eu des libérateurs là-bas. Je lui réponds que oui, je le savais (en mentant bien sûr!). Je reprends mon loisir, la pêche. Je regarde pour la centième fois le programme du concert qui passera en live la semaine prochaine. Mon père, quand je lui ai montré le programme, m’a dit que le groupe était limite culcul. Mais moi, je m’en fiche de ce qu’il dit. J’irai le voir un point c’est tout. |
| L/
Robin - "La limite" (levé, là-bas, laconique, langues, livre, loisirs, libérateur, ligne, limite, live) |
J'avais
atteint la limite. J'en pouvais plus… Marre de cette monotonie,
de ce cercle trop répétitif… Le levé était
chaque jour plus triste et le couché plus dur… J'allumai
la télé, encore un mec à qui on avait coupé
la langue qu'avait écrit un livre sur je ne sais quoi…
Le p'tit dèj était déja prêt… elle
me l'avait préparé, elle belle comme un coeur, toujours
souriante. Elle était ma seule joie dans toute cette tristesse…
J'avais encore dans les oreilles le solo du live de Jimi Hendrix. Ça,
c'était mon seul loisir, écouter de la musique toute la
journée dans le canapé puisque je ne bossais pas…
ah, j'oubliais, mon autre loisir c'était de prendre la ligne
13, comme ça, juste histoire de voir autre chose que mes quatre
murs. Mais mes problèmes d'argent m'obligeaient à modérer
mes sorties. C'est décidé j'économise, je garde
de l'oseille pour partir loin, partir là-bas… Je veux parler
de ça à tout le monde, de cette tristesse dont sont victimes
pas mal de personnes… je ne serai pas un libérateur, seulement
un libre orateur. |
| J/
Darry - Juxtaposition (jeune, jamais, japonais, jolie, jeune, juxtaposition, jouets, jungle, je me dépêche, jaune) |
Maman? Bastien |
I/
Darry "Igloo" (internet, île, imagine, indienne, igloo, iris, infini, icône, idole, immensité) |
Un igloo sur une île perdue au milieu de la banquise. Jean-Pierre
y pensait souvent. Il y pensait de plus en plus souvent. Depuis ce matin,
il ne pense même plus qu'à ça. Ras le bol de ce
boulot de merde, de cette ville de merde, de cette vie de merde. Il
a envie de froid, de solitude et d'immensité, il s'imagine, petit
point noir face au blanc infini. Une chose est sûre il faut qu'il change de boulot, et rapidement. Plongeur au Ganesha, quelle idée! Les mains dans l'eau à longueur de journée, et en plus cette bouffe indienne qui arrache la gueule. Si c'était pas Bashri qui insistait, il aurait déjà tout plaqué depuis longtemps. Y'en a plein qui font ça, changer de vie sur un coup de tête, il l'a lu sur internet. Elle est si belle Bashri, il la prend en photo dès qu'il peut, le plus près possible, jusqu'à voir son iris. Ce qu'il aime par dessus tout c'est la viser avec son icône (il dit que Canon c'est de la merde). |
| H/
Darry "Hôpital" (hésitation, habits, hamac, hôpital, hélicoptère, hiver, hectares, haleine, hache, hanche) |
| Pourquoi
c'est y qu'vous êtes là? - la hanche… - houlala, comment qu'c'est arrivé? - j'ai fait l'hélicoptère dans un hamac - 'cré vingt dioux - oui, le chirurgien m'a prévenue sans hésitation, ce sera l'hiver à l'hôpital - il est bon ce toubib, c'est lui qui m'a opéré pour ma jambe, putain de tracteur. Il est bon, mais il pue du bec, il a une haleine à découper à la hache. Ça la fout mal pour un toubib - l'habit ne fait pas le moine - et les hectares ne font pas la richesse |
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